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Histoire courte sur Louis XVII après son exfiltration du temple…

 Lors de la conspiration CADOUDAL, Monsieur et Madame BARBIER de LA BONNETIERE s’occupaient, à leur château de CHAFFAULT, près de NANTES, des apprêts d’un dîner qu’ils devaient donner le soir à leurs amis parmi lesquels le Dauphin LOUIS XVII, lorsqu’ils virent leur demeure tout à coup investie par un piquet de cavalerie. Trahis, cernés murmura alors Gaspard BARBIER. Qui avait trop parlé devant des oreilles ennemies, qui les avait dénoncé ? Délation criminelle ou résultat d’une inconséquence ?

Tous font bonne contenance, tandis qu’un serviteur dévoué s’empresse d’enlever un siège et un couvert, celui du précieux convive que Madame BARBIER entraîne vers une cachette qui avait déjà sauvé tant de vies dévouées, puis, affectant la sérénité, revient prendre place à table… mais, quand elle rentre dans la salle à manger, elle voit son mari et plusieurs convives liés et garrottés. Un commissaire déclara alors qu’il avait ordre d’arrêter Monsieur BARBIER et de s’emparer de ses papiers.

La perquisition finie, on monta en voiture, et, escorté par la cavalerie, on revint à NANTES, droit à l’hôtel du Boulevard DELORME (actuellement boulevard Guist’hau), où il fut procédé à la saisie de tous les documents et valeurs. Là se trouvaient réunis les amis du financier de la contre révolution vendéenne; c’étaient les noms les plus considérables du haut commerce de l’époque, MM. du FOU, PELLOUTIER, PEYRUSSET, et en outre, M. de CODROSI et le chevalier de BADEREAU, émigré rentré qui avait eu à se louer particulièrement de la délicatesse de celui qui, pour servir sa cause, était devenu le banquier royaliste. Tous offrirent la totalité de leur fortune pour la caution de M. BARBIER. Le commissaire fut ému de sympathies profondes en faveur de son prisonnier; mais ses ordres étaient précis : il n’avait d’ailleurs aucune qualité pour transiger, et il fallait partir pour PARIS immédiatement après la saisie des lettres et documents.

M. de BADEREAU s’avança alors vers Mme BARBIER, et lui dit : « il importe que vous arriviez à PARIS aussitôt que votre mari, afin que vous tâchiez de détourner cet orage. Acceptez une excellente dormeuse que je viens de ramener d’Allemagne. J’ai, en outre, trente mille francs chez un banquier; voici un bon qui les met à votre disposition ». La voiture fut bientôt amenée; Mme BARBIER, au galop forcé, évitant de traverser NANTES et ses ponts, vole sur l’autre rive, brûlant les étapes, payant cher les relais, et arrive avant son mari à PARIS. Lui, hélas est mené avec d’autres au TEMPLE… ce TEMPLE qu’elle connaissait si bien pour avoir organisé, quelques années plus tôt, l’évasion du fils de LOUIS XVI.

Mal accueillie par un parent haut placé de son mari (son beau frère), M. BIGOT de PREAMENEU, rédacteur en chef du Code Civil, sur lequel ses amis avaient pourtant espéré compter quand ils la pressèrent de partir sur PARIS, Mme BARBIER eut l’idée de se retourner vers un autre personnage avec lequel elle se souvenait d’avoir dîné, chez ce même parent si peu dévoué. C’était M. REAL, conseiller d’Etat, et l’un des rédacteurs du Code Civil. Celui-ci l’écouta, lui facilita l’entrée de la Conciergerie, où avait été conduit depuis son mari.

M. REAL adressa Mme BARBIER à FOUCHE, ministre de la police et ancienne connaissance de M. BARBIER depuis les années d’avant la révolution, du temps où celui-ci était oratorien et prêchait à NANTES à l’Eglise de l’Oratoire. Le ministre du Premier Consul se montra plein de bon vouloir et l’autorisa à passer les journées entières avec son mari, puis à disjoindre habilement la cause de M. BARBIER d’avec celle des principaux accusés et conjurés, à savoir CADOUDAL, PICHEGRU, MOREAU, le Duc d’ENGHIEN…

Rendu à la liberté, et allégé de sa fortune par FOUCHE, M. BARBIER se retira du commerce, et se livra à son goût pour les arts. Il rassembla alors une des plus importantes galeries privées de tableaux renaissance (il racheta notamment une partie importante de la collection CACAULT). Il tenta de nouveau de rétablir LOUIS XVII sur le trône en 1824, à la mort de LOUIS XVIII. Mais devant le refus de CHARLES X, il démissionna alors de tous ses mandats et se retira de la vie publique.

Source : Emmanuel de la Gorce pour Santavox

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