All for Joomla All for Webmasters

11 novembre 2018 – VERCHOCQ

Le chateau de Verchocq

 

 

Discours d’ouverture des cérémonies du 11 novembre 2018 – VERCHOCQ

 

 

 

Bonjour à tous. Merci d’être venus nombreux aujourd’hui, honorer ces lieux de votre présence, afin de rendre hommage d’une part à l’histoire, rappelant que VERCHOCQ fut la première commune de France à célébrer la fin de la Première Guerre Mondiale, d’autre part à ces millions de soldats et civils morts pour leur patrie, qu’ils soient français, anglais, américains, canadiens, russes… ou encore issus de nos anciennes colonies. Nos pensées se dirigent également vers tous ces allemands, autrichiens et autres peuples, ennemis de la veille mais victimes, tout comme nous, de la folie humaine.

 

Mark Dixon/Verchocq 2018 – Copyright©Santavox

 

Nous tenions en premier lieu à remercier, Monsieur Mark DIXON, venu tout spécialement de LONDRES célébrer avec nous ce centenaire de l’armistice et témoigner de la présence et du rôle de son ancêtre dans ce conflit, Sir Winston CHURCHILL alors Ministre de l’armement britannique, et dont le quartier général était ici à VERCHOCQ.

 

Sir Mark Dixon & S.A.R. Charles-Emmanuel de Bourbon Parme – Copyright©Santavox

 

Notre gratitude se tourne également vers cet authentique descendant de LOUIS XIV, Monseigneur Charles Emmanuel de BOURBON PARME, dont l’entremise nous a permis de bénéficier, en cette occasion, de la présence de Monsieur DIXON. Nous le sollicitons aussi pour implorer son ancêtre « le Roi Soleil » afin qu’il puisse nous envoyer quelques rayons afin d’illuminer notre région, en cette journée de novembre un tant soit peu couverte et pluvieuse.

 

J’émets une intention toute particulière envers Monsieur et Madame CARLU et leur famille pour tous les efforts qu’ils ont fournis depuis plusieurs années pour redonner vie à ce château dont les flammes faillirent, il y a peu, disperser l’existence. Ma famille, mais aussi l’ensemble du village de VERCHOCQ tenions à leur adresser toutes nos plus sincères gratitudes pour leur action, ainsi que nos remerciements pour accepter de nous recevoir aujourd’hui dans ces lieux.

 

Nous nous réjouissons aussi de la présence de l’ancienne Miss Australie, qui n’a perdu ni de sa grâce ni de son éclat, Madame PRICE dont l’époux fut ministre du Royaume-Uni.

Nos regards s’orientent par ailleurs vers notre cher Cousin, Monsieur Alberto MONTROND, Député du CAP-VERT, ancien champion du monde de Taekwondo, venu tout droit de BOSTON représenter tout à la fois le continent américain, africain et européen et dont bon nombre de portraits de ses ancêtres ornaient les murs de cette demeure.

Nous sommes de la même manière touchés de pouvoir accueillir en cette journée, en dépit d’un emploi du temps véritablement surchargé, Monsieur Jean-Claude LEROY, Président du Conseil Départemental du PAS-de-CALAIS, qui consacre depuis plusieurs décennies toute son activité au soutien et au développement de notre Région, et parfois même à la défense des intérêts de notre Pays sur d’autres continents.

 

Père Jaffré, le deputé Montrond du Cap Vert, Emmanuel de la Gorce, Mark Dixon, le député M. Fasquelle, Prince Charles Emmanuel de Bourbon Parme – Copyright©Santavox

Toute notre considération se dirige également vers Monsieur Daniel FASQUELLE, Député du Pas-de-Calais, pour sa participation à cet événement et son engagement pour notre département. Je remercie à cette occasion son Directeur de Cabinet, Monsieur Matthieu DEMONCHEAUX pour son dévouement dans l’organisation de ces cérémonies du centenaire ; de même que le Directeur des Archives Départementales du PAS-de-CALAIS, Monsieur Lionel GALLOIS, pour sa prévenance.

Notre reconnaissance s’adresse de la même manière à la fanfare d’HUCQUELIERS qui nous assure fidèlement la note musicale de cette journée.

Emmanuel de la Gorce, Sir Mark Dixon, le maire de Verchocq Josse Nempont – Copyright©Santavox

Notre témoignage serait très incomplet sans mentionner la grande disponibilité de notre Maire, Monsieur Josse NEMPONT ainsi que celle de son conseil municipal, sans oublier tous nos habitants de VERCHOCQ et des villages environnants, venus témoigner leur attachement à leur histoire et leurs racines.

Comment ne pas évoquer aussi la présence à cette commémoration, de tous les membres de nos familles et de nos amis, trop nombreux pour être mentionnés mais dont l’estime portée à leur égard ne démérite pas. Le timing de cette journée étant particulièrement serré, ils comprendront, j’en suis sûr, mon regret de m’abstenir de les citer.

 

L’église de Verchocq

 

Enfin, notre ultime reconnaissance s’adresse au Père Jean-Yves JAFFRÉ dont la bienveillance nous permet d’officier une Messe de jubilé, à l’endroit même où fut célébrée cent ans plus tôt, la première Messe d’action de grâce française honorant la fin de ce terrible conflit.

J’adresse enfin tous mes remerciements aux journalistes venus aujourd’hui, couvrir cet événement.

* * * * * * *

Nous voici donc tous réunis aujourd’hui pour célébrer tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour la défense de nos Nations. Hommage leur soit rendu. Voilà tout juste cent ans la guerre prenait fin, tandis qu’au village de VERCHOCQ, les premiers rayons de la victoire fusaient en direction de la girouette du clocher de l’Église SAINT-MARTIN.

La Guerre est finie ! 11 Novembre 1918, 05H15 du matin, le coq verchoquois dressé sur ses ergots, la crête haute, allumait le feu, tel un Johnny HALLYDAY, chantant aussi fort et aussi longtemps qu’il pu, notre hymne national…, un tonitruant COCORICO reprenant l’air inspiré du Livre d’Esther de l’Ancien Testament, aujourd’hui mondialement connu, celui de la MARSEILLAISE, qui, rappelons-le, a été composé à quelques lieues d’ici, par Jean-Baptiste GRISONS pour le grand orgue de la Cathédrale de SAINT-OMER.

Averti dans la nuit du 10 au 11 novembre par son hôte britannique alors Ministre de l’armement, notre petit village de VERCHOCQ apprit, clama et fêta avant la France, la signature imminente de l’armistice de cette terrible guerre, dénommée de manière paradoxale tout à la fois « Première Guerre Mondiale » et « Der des Ders ». Au regard de l’histoire du XXème siècle, la formule peut paraître bien curieuse, et semble tout droit sortie de l’esprit éclairé de nos plus grands Énarques. Il n’en est rien, pour une fois. Nos poilus et nos peuples exsangues qui vécurent cette cruelle épreuve, adoptèrent cette sage devise, tandis que nos gouvernants de l’ombre, disciples d’Adam WEISHAUPT et d’Albert PIKE, s’efforçaient d’amorcer un second génocide, plus destructeur encore…

Au petit matin du 11 novembre 1918, afin d’honorer la fin du conflit, les Tommies en faction dans notre village, entonnaient « La Madelon », avant de se joindre au Maire et aux habitants de VERCHOCQ, pour célébrer, non loin du « patronage Jeanne d’ARC » avec laquelle ils semblaient désormais réconciliés, la toute première Messe d’action de grâce précédée d’un Te Deum, dans l’Église de la commune consacrée à SAINT-MARTIN. Pour rappel, l’armistice de 1918 sera signé un 11 novembre, prévoyant un cessez le feu effectif à 11 heures, en la fête et en mémoire de SAINT-MARTIN, Apôtre des Gaules, premier Saint Patron de la FRANCE, et dont la chape (capelle) donna son nom à toutes nos chapelles surmontées de notre gallinacé fétiche trônant fièrement sur leurs clochers.

À l’image de notre « fleuve » l’AA prenant naissance dans nos paysages, s’affichant avec arrogance à la toute première place de nos encyclopédies (le plus petit et le plus simple de tous les mots, mais placé au sommet du podium) , notre petit village semble bien à la source ou à la confluence des grands événements et destinées de l’histoire… Le « Bulldog de sa Majesté » ne déclara-t-il pas, dans ses mémoires : « Je me suis mis alors à faire au château de VERCHOCQ, la plus grande partie de ma besogne ; j’avais assez de temps pour voir et réfléchir ». Nous connaissons la suite : suivant le cours de l’AA, le destin du grand homme était désormais tracé : émigrant de VERCHOCQ, évitant prudemment CALAIS, filant à l’anglaise vers l’estuaire de l’AA, traversant la Mer du NORD, remontant la TAMISE, gagnant LONDRES, passant à travers les gouttes, survolant les océans et les contrées lointaines, s’imposant à YALTA, notre enfant adoptif du pays allait se placer au firmament de l’histoire de l’Empire britannique.

La Genèse de la carrière de Sir Winston CHURCHILL, à n’en pas douter, pris son envol au château de VERCHOCQ, source de son inspiration politique, littéraire et artistique.

Son bureau est installé dans la belle salle à manger fraîchement rénovée, habillée de chêne clair paré de marbre pourpre, donnant sur le parc et de vastes étendues boisées. Une peinture à l’huile de Joseph VERNET intitulée « Soleil couchant », en orne les murs, gardée par deux portraits à l’effigie du gentilhomme François FOURCHEUT de MONTROND et de son épouse Marie-Louise de BRUEYS d’AIGALLIERS, sœur de l’Amiral du même nom dont la flotte affronta le célèbre Amiral anglais NELSON, lors de la funeste bataille d’ABOUKIR. Sa table de travail est disposée face à la fenêtre centrale ; son téléphone de campagne en bois exotique rehaussé de boutons d’ivoire, campe sur le meuble, transmettant de temps à autre de précieuses informations, transposées parfois sur deux grandes cartes fixées sur les glaces murales, rapportent la ligne de front régulièrement tracée au crayon de couleur et modifiée au gré des combats ;

Il occupe une chambre particulière au second étage, exposée au sud, à proximité de celle où séjournent ses invités occasionnels, tels le Directeur du TIMES ou le Ministre de l’armement LOUCHEUR… Celle-ci est agrémentée d’un fastueux lit à baldaquin richement décoré, orné de dauphins, et soutenu par quatre colonnes torsadées chargées de griffons reposant sur des pieds aux allures de tours maçonnées, symboles de l’illustre famille la TOUR du PIN. Il s’y tient peu, mais y trouve un repos solennel. Dans un des courriers adressés à son épouse Clémentine, Sir Winston CHURCHILL écrivit qu’il y était logé « très confortablement » : « J’ai une charmante chambre pleine de ces vieux meubles sculptés qui te plaisent, et qui me semblent fort beaux et fort anciens ».
Pour la petite histoire, Sir Winston CHURCHILL prend sa douche, l’été, sous le majestueux cèdre bleu, toujours existant à ce jour, bien qu’ayant subi à plusieurs reprises les irritations de la foudre.

Ses déplacements se font en voiture militaire mais également et fréquemment en avion décollant des larges prairies bordant le domaine, gagnant LONDRES dans la matinée pour revenir en soirée en son quartier général de VERCHOCQ.

Dans ses mémoires, Lord SPENCER-CHURCHILL mentionne son séjour au Château de VERCHOCQ en ces termes: « à partir du mois de mai 1917, le Commandant en chef des Armées britanniques, le Maréchal Douglas HAIG, m’avait donné une sorte de quartier général régulier dans la zone des armées. Je disposais de plusieurs pièces et de facilités de cuisine, dans une vieille maison de campagne française, au milieu du village de VERCHOCQ ». « son domaine est parcouru par des allées d’arbres magnifiques, des hêtres et des pins, d’une hauteur considérable, et qui forment des travées larges comme les nefs d’une cathédrale. L’une d’elles doit avoir près de 800 mètres de long. Je pouvais y parvenir de l’aérodrome d’HENDO en deux heures d’avion, et, en quelques occasions, j’ai travaillé le matin au ministère de l’armement, et l’après-midi, j’ai suivi le cours d’une grande bataille. Je pouvais aller et venir sur le front, comme il me plaisait… et voir tout ce qu’il y avait à voir, sans courir de risques inutiles… Je m’arrangeais pour assister à presque toutes les grandes batailles pendant la suite de la guerre… J’ai volé entre les lignes à 2300 mètres… ».

Le 11 novembre 1918, la Première Guerre Mondiale prenait fin, mais combien de cicatrices fallait-il refermer ?… Dans son ouvrage « La Crise Mondiale », l’homme d’état britannique achève la rédaction de ses mémoires sur la Grande Guerre par cet inquiétant présage : « Est-ce la fin ? Nos enfants verseront-ils à nouveau leur sang sur des terres dévastées ? »…

À peine de deux décennies plus tard, une prière était trouvée dans la poche d’un soldat inconnu, mort au combat pendant la seconde guerre mondiale :

+ + +

M’entends tu, mon Dieu ? Jamais de ma vie je ne t’ai parlé, mais aujourd’hui je veux te saluer. Tu sais que, depuis ma plus tendre enfance, on m’a dit que tu n’existais pas, et moi, j’étais si bête que je l’ai cru. Jamais je n’avais eu conscience de la beauté de ta création.
Aujourd’hui, soudain, en voyant les profondeurs de l’immensité, ce ciel étoilé au-dessus de moi, mes yeux se sont ouverts. Émerveillé, j’ai compris sa lumière. Comment ai-je pu être si cruellement trompé ?
Je ne sais pas Seigneur, si tu me tends la main, mais je te confie ce miracle et tu comprendras : au fond de ce terrible enfer, la lumière a jailli en moi et je t’ai vu.
Je ne te dirai rien de plus, seulement la joie de te connaître.
A minuit, nous devons passer à l’attaque, mais je n’ai pas peur, tu nous regardes. Écoute! C’est le signal. Que faire? J’étais si bien avec toi.
Je veux te dire encore ceci : tu sais que le combat sera mauvais. Peut-être que cette nuit, je frapperai chez toi. Bien que je n’aie jamais été ton ami, me permettras-tu d’entrer quand j’arriverai ? Mais je ne pleure pas, tu vois ce qui m’arrive, mes yeux se sont ouverts.
Pardonne-moi, Dieu. Je pars et ne reviendrai sûrement pas, mais quel miracle! Je n’ai plus peur de la mort !

 

Emmanuel de la Gorce

novembre 2018 pour Santavox

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Translate »
Chargement...